Biographie

 

 Née en 1982. Formée aux Beaux-Arts de Rennes puis en gravure à École de La Cambre à Bruxelles, Estelle Aguelon inscrit son parcours au croisement de l’image imprimée et du geste éditorial.

 

En 2009, elle reprend une imprimerie typographique en Auvergne. Pendant dix ans, elle imprime et illustre des ouvrages pour Cheyne éditeur, maison de poésie installée en Ardèche.

 

Actuellement elle vit et travaille à Rennes. Ses recherches se déploient principalement à travers la gravure, la peinture et le dessin.

Elle explore le paysage et l’image en mouvement. Elle interroge les limites du lisible, les seuils de perception, ce qui, dans l’image, demeure impermanent : ce qui apparaît, disparaît ou se transforme selon la lumière, le déplacement du spectateur, le support ou la mémoire. Ses œuvres demandent du temps, une présence, une expérience perceptive : l’image n’est pas donnée, elle advient.

 

Dans une approche poétique, elle imprime des rocs, des ombres, parfois la mer entière, sur des papiers d’une grande fragilité. Elle cherche ainsi à faire affleurer ce qui demeure ténu, diffus, presque indicible.

 

Son travail est présenté à la galerie Galerie Prodromus à Paris depuis 2017.

Elle a également exposé à de nombreuses reprises en Bretagne, en Auvergne-Rhône-Alpes, mais aussi en Suisse et en Belgique.

Elle a récemment participé aux Journées de l’Estampe à Paris, à la Biennale de gravure du Léon.

 

En parallèle, elle enseigne en école d’art et propose régulièrement des workshops ainsi que des ateliers de découverte de la typographie et de la gravure.

 

 


Expositions personnelles

 Galerie Prodromus

46 rue Saint Sébastien - Paris -

du 11 juin au 4 juillet 2026

Expositions collectives

Mihi quidem Antiochum, quem audis, satis belle videris attendere. Hanc igitur quoque transfer in animum dirigentes.

Workshops Enseignement

Tamen a proposito, inquam, aberramus. Non igitur potestis voluptate omnia dirigentes aut tueri aut retinere virtutem.


     On pourrait imaginer une histoire de l’art qui serait une histoire du trait. De l’inscription rupestre aux griffures de Fautrier, du trait qui identifie au trait qui défait la forme de sa convention, le dessin, depuis toujours et cela n’aura pas de fin, prend tous les paris possibles dans la représentation du réel. Voilà pourquoi je me passionne volontiers pour le travail d’Estelle Aguelon qui ajoute à cette longue tradition son geste singulier, sa manière propre – c’est-à-dire qui ne ressemble pas. Ce qui les caractérise s’éclairerait du sens originel et oublié du mot trait, qui désigne par exemple la flèche, et nomme aussi bien le mouvement vif que la tension qu’il induit. Ou encore ce qui est saillant (de saillir, encore un mouvement, d’irruption celui-ci). Le trait d’Aguelon dit que toute forme est d’abord un mouvement dans l’espace, et même s’il s’agit de l’objet immobile (le rocher peut bien être immobile, qui pourrait croire que sa forme le soit, elle qui bouge selon la lumière et  l‘ombre, selon l’avancée ou le recul du regard ?). Aussi bien le trait chez elle semble n’avoir ni commencement ni fin, il montre l’intensité d’une apparition et son nécessaire effacement. Il ne clôt pas, il ouvre, il est l’ouvert en acte. C’est pourquoi son dessin dépasse l’anecdote d’une représentation rassurante, qui satisferait notre appétit de reconnaissance. Il fait mieux, mille fois mieux, et plus rare : il donne à éprouver sous le motif ou la figure ce qui en est la vie même : un mouvement qui tranche sur la neutralité du rien, son surgissement flagrant dont la fugacité même fait le prix. Toute l’aventure fragile de la vie dans un trait, avouez que ce n’est pas banal…


Jean-Pierre Siméon
13 novembre 2013